Rencontre avec Jean-Louis Fournier
 

Jean-Fournier est capable de tout, c'est du moins ce qu'affirment les Éditions Stock sur la couverture de son dernier livre. A la lecture de celui-ci, décidément, on en convient. Et en rencontrant Jean-Louis Fournier, on ne peut plus en démordre ! 

 

Jean-Louis Fournier 2

 


Il était le complice de Pierre Desproges, pas étonnant. Cet écrivain / réalisateur de télévision, est un personnage. Et en l'occurrence, il est LE personnage central de son dernier roman : Poète et Paysan (Ed. Stock).

 

 

Poète et Paysan

 

 

Cette histoire délicieuse, à la fois poétique et décalée, est celle d'une parenthèse. Une parenthèse agricole -rude, douloureuse, et tout à fait insolite- dans la vie d'un étudiant en cinéma parisien. Le motif : l'amour, évidemment !

Jean-Louis Fournier a une vingtaine d'années dans les années 60, lorsqu'il rencontre sa future femme étudiante en psychologie à Paris. Elle est aussi accessoirement : "la fille du fermier". Mais quand on est capable de tout, comme Jean-Louis Fournier, ce n'est pas accessoire, en fait.

Le voilà décidé à reprendre la ferme de son futur beau-père qui n'a pas de successeur (la nature ne lui a donné que des filles et un fils allergique à... la paille, soi-disant.) Jean-Louis Fournier n'a pas d'affinités particulières avec l'agriculture, il est juste amoureux et il l'avoue clairement : Son père aurait été poissonnier, je reprenais la poissonnerie.

Poète et Paysan (c'est aussi le nom d'une oeuvre du compositeur autrichien Franz Von Suppe), est un livre à la fois sensible et drôle, à cause du décalage entre les idées reçues sur la campagne du jeune étudiant parisien, et la réalité qu'il découvre dans le monde rural, à mille lieues les unes de l'autre.

Le problème de Jean-Louis Fournier, c'est qu'il voit la nature comme une oeuvre d'art, une peinture de Millet ou de Turner, et que la nature ne va pas lui faire de cadeau. "L'ennui suinte du plafond, parfois il tombe lentement des poutres, goutte à goutte, comme du goudron."

Il accumule les maladresses. Il nous amuse et nous attendrit. Il lit Manon Lescaut, écoute Mozart, voit dans la basse-cour une petite comédie humaine, se lave les mains toutes les cinq minutes. Il n'est pas fait pour cette vie-là! Si sa fiancée ne l'avait pas quitté et "réveillé" par la même occasion, notre étudiant serait-il resté à la ferme ? Il n'aurait pas travaillé à la télévision, il n'aurait pas crée La Noiraude, le dessin-animé de notre enfance. Il n'aurait pas écrit de livres et cela aurait été bien dommage !


 

Noiraude

Les paysans du dimanche sont retournés à la terre, mais ils sont vite rentrés déçus avec mal aux reins. Ils n'imaginaient pas la terre aussi basse.

 

Poursuivre avec Jean-Louis Fournier


 

Où on va, papa

 


Comme tous les parents, Jean-Louis Fournier aurait aimé "fantasmer" sur l'avenir de ses enfants. Mais ses deux garçons ont été "deux fins du monde". Des enfants lourdement handicapés. Des enfants pas comme les autres. Pour donner le ton, il écrit : Grâce à vous, j'ai eu des avantages sur les parents d'enfants normaux. Je n'ai pas eu de soucis avec vos études, ni votre orientation professionnelle. Nous n'avons pas eu à hésiter entre filière scientifique et filière littéraire. Pas eu à nous inquiéter de ce que vous feriez plus tard, on a su rapidement que ce serait : rien.

On ne peut pas raconter ce livre, il faut le lire. Il faut laisser la parole à Jean-Louis Fournier. On ne peut pas se mettre à sa place. Il a horreur de cette expression d'ailleurs : "se mettre à la place de". Et il a raison, c'est toujours impossible.

Bien sûr, quand on sait que Jean-Louis Fournier était le complice de Pierre Desproges et réalisait la cultissime Minute nécessaire de Monsieur Cyclopède, on n'est pas étonné du ton de ce livre, de son humour radical, de son style incisif et parfois provocateur.



 

Pierre Desproges


Et pourquoi n'aurait-on pas le droit de rire dans l'épreuve, se demande Fournier ? Pourquoi ses enfants, qui ont "de la paille dans la tête", n'auraient-ils le droit de contempler que des mines affolées ou funestes ? Il n'y a pas de raison de ne pas rire. Et dans le cas présent, c'est une question de survie.

Jean-Louis Fournier nous raconte donc à sa façon sa relation avec Matthieu et Thomas. Cette relation qui ne ressemble à aucune autre. Il ne manque pas de poésie pour en parler. Et il ne manque pas non plus de philosophie. Que veut-dire être normal finalement ? Qui est normal ? Pourquoi ses enfants sont-ils nés ainsi ? Et sont-ils vraiment ce qu'ils laissent paraître ?...

Dans ce livre, il y a de la tendresse et de l'ironie. Et -c'est ce qui le rend si touchant- il y a un père qui ne tombe jamais dans le pathos ou la complaisance. En particulier vis-à-vis de lui-même : Je n'ai pas été un très bon père. Souvent, je ne vous supportais pas, vous étiez difficiles à aimer. Avec vous, il fallait une patience d'ange, et je ne suis pas un ange.

Jean-Louis Fournier a écrit un livre pour ses garçons, pour qu'il reste quelque chose de leurs petites vies. De celle de Matthieu "parti chercher son ballon dans un endroit où on ne pourra plus l'aider à le récupérer", de celle de Thomas qui "a la tête de plus en plus dans les nuages". Ce livre-là a rencontré à la fois le public et la critique et obtenu le Prix Femina en 2008.


 

JL Fournier Femina


Pour l'auteur qui croyait que ses fils ne lui rapporteraient jamais ni diplôme ni médaille, c'est un joli coup du sort. Mais le plus grand mérite de ce livre, c'est qu'après l'avoir écrit, après l'avoir relu, Jean-Louis Fournier a réalisé à quel point il aimait ses deux "oiseaux ébouriffés". C'est le miracle de l'écriture. Parfois, elle permet d'en savoir plus long sur la vie et sur soi-même.

« Ils n'auront jamais de casier. Ils sont innocents. Ils n'ont rien fait de mal, ils ne sauraient pas. Je ne comprendrai jamais pourquoi ils ont été punis si lourdement. C'est profondément injuste, ils n'ont rien fait. Ça ressemble à une terrible erreur judiciaire. »


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Les 15es Rendez-vous de la bande dessinée d'Amiens
 

Pour la 15e année, l'association On a marché sur la Bulle, centre de ressources sur la BD dirigé par Pascal Mériaux, organisait les 05 et 06 juin 2010, ses Rendez-vous de la bande dessinée d'Amiens, incontournables pour les amoureux du 9e art. L'affiche de cette année était réalisée par Émile Bravo.

 

Copie de Affiche-amiens-2010

Reportage à la minute 13 de l'émission
 

Pour cette édition, 87 auteurs étaient présents et de nombreuses animations, ateliers, expositions étaient mis en place. Une nouveauté avec un atelier de "performance en direct" grâce auquel les auteurs pouvaient dessiner sur une palette graphique, leur dessin étant ainsi projeté en direct sur des écrans répartis à l'intérieur du salon.

 

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L'un des événements important cette année, était la projection en avant-première du film de Pascal Rabaté, Les petits ruisseaux, au Ciné St Leu. Mis à l’honneur au sein du festival, Pascal Rabaté présentait lui-même avec une partie de son équipe, le film qu’il a mis en scène à partir de sa propre bande dessinée, Les petits ruisseaux (avec Daniel Prévost dans le rôle principal).
 

 

Les petits ruisseaux

 

 

Autre nouveauté cette année : le BD Bus, crée sous l'impulsion de la bibliothèque départementale de la Somme sur le thème de la contamination avec des dessins de Riff Reb's. Une occasion de faire découvrir la bande dessinée à un large public et dans tout le département.

 

Bd Bus

 

Au cours de ce week-end a eu lieu également la remise du 12e prix du Meilleur Premier Album des lycéens picards. L’association On a Marché sur la Bulle a effectué, d’octobre 2009 à avril 2010, un travail de lecture et d’analyse de bandes dessinées avec des élèves de 39 établissements professionnels, techniques ou agricoles de la région picarde. Ils ont choisi leur album favori parmi une sélection de douze albums écrits et dessinés par des auteurs publiant pour la première fois professionnellement.

 

 

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Le jury composé d'environ 600 jeunes picards a décerné le prix à Marc Dubuisson pour La nostalgie de Dieu aux éditions Diantre! avec 107 votes sur 583 votes exprimés au cours de cette session 2010.

 

Prix Marc Dubuisson

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La bande dessinée envahit toute la ville à l'occasion de ce festival et certaines expositions se prolongent jusqu'en Septembre.

 

Gare 15èmes Rd-vs de la BD

 

 

Logo On a marché sur la Bulle

 
 
 
 
 
 
147b rue Dejean 80000 Amiens
T: 03 22 72 18 74 - F: 03 22 92 45 90
Site Internet : bd.amiens.com


 

Tag(s) : #Des Livres et Nous, l'émission

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